Yannick,
J'ai besoin de te parler.
J'ai relu nos mails échangés et j'ai ressenti cet amour que l'on partageait.
A présent je suis la seule à ressentir ce que j'éprouve pour toi, je n'arrive pas à sentir le retour, celui que tu m'envoyais.
Aujourd'hui j'en ai beasoin, tu m'aidais à avancer, à croire en moi, à me sentir bien quand tout allais mal.
Tu vois, j'ai rêvé de toi : "Tu me disais que tout ca n'était qu'une vilaine blague, que tu allais très bien mais que tu n'avais pas pu me prévenir avant.
Et j'étais si heureuse de pouvoir te serrer dans mes bras".
Mais je me suis réveillée et tout est redevenu réalité.
Pour moi c'était comme si tu étais parti une deuxième fois.
J'ai besoin que tu reviennes mais c'est impossible.
C'est un désir qui ne trouvera jamais sa jouissance (Cf. Philo).
Si tu étais là, j'aurais tellement de chose à te dire, beaucoup de joie et de tristesse à partager.
Je te dirais que les cours sont une véritable catastrophe et que mon BAC va me passer sous le nez, Mais toi tu saurais quoi dire pour me motiver.
Je te dirais que niveau amour ca va, bien qu'il m'arrive d'être triste, Tu me dirais "il a intérêt à être gentil avec toi sinon je le tape! Mais je te fais confiance, tu sais ce qui est bien pour toi."
Je te dirais que j'ai peur de l'avenir, du tournant de ma vie, tu me réconforterais en me disant que ce n'est pas si terrible et que tout le monde passe par là.
Je te dirais à quel point j'ai hâte de te voir et tu me ferais une surprise : tu serais là.
Je te dirais que je n'ai plus aucune confiance en moi, que je veux tout abandonner, et tu me dirais "chante pour moi".
Je te dirais que j'ai rencontrer deux filles merveilleuse qui me font vivre des jours heureux depuis la 1ère STG1, et tu les aimerais déjà avant même que je ne te les présente.
Je te dirais que je m'en veux d'être ce que je suis, et tu me dirais que tu m'aimes telle quel.
Mais j'ai tellement de chose à partager avec toi, et plus le temps passe et plus de choses encore il y a.
Je ne pourrais les partager qu'à partir du moment où je te rejoindrais à condition que tu m'aies attendu.
Es-tu à mes côtés parfois?
Ne m'oublies-tu pas comme tu l'as promis?
Es-tu toujours aussi fier de moi malgrès tout mes défauts et mes erreurs du quotidien?
J'ai besoin de tes réponses.
C'est trop dur de résister chaque jour à cette tentation de tout arrêter.
Dure de penser à toi sans pleurer...
J'y arrive maintenant, mais mon coeur pleure quand même à l'intérieur et ne cessera jamais de pleurer.
Il m'a fallu tellement de temps pour me remettre à sourire sincérement, à enlever ces sourires forcés.
Dès que j'étais heureuse, je me frappais intérieurement.
Ca m'arrive encore parfois, quand mon bonheur devient trop grand, il y a ton image qui apparaît en moi et qui me dit "Tu m'oublies?".
Sache qu'après deux ans, deux mois et quatorze jours je pense toujours à toi, afin de te faire vivre plus longtemps encore (Cf. Mr Darmon).
Je ne suis pas une fille à plaindre, je sais qu'il y a des millions de gens plus désespérés que je ne le suis, des gens qui n'ont aucune envie de vivre, des gens qui sont dans la misère...
Mais je pense qu'on a tous notre propre définition du bonheur et du chaos.
Je ne veux pas que l'on me dise "Bah oui c'est triste mais tourne la page, il y a pire dans la vie!!!".
Peut-être qu'il y a pire dans la vie, mais ton décès Yannick est ce qui m'est arrivé de pire dans ma vie à moi.
J'ai vu un mail que je t'avais envoyé deux mois avant que tu ne parte qui disais que n'ayant plus de nouvelles de toi j'avais très peur qu'il te soit arrivé quelque chose.
Et tu m'as répondu plus tard que tu allais bien... quel soulagement.
Puis deux mois plus tard te voilà parti, sans que je n'ai le moindre doute.
Je pensais que tu étais très débordé avec ta terminale S, ton travail à mi-temps, ta copine...
Mais j'attendais toujours avec impatiente de tes nouvelles.
On s'était parlé le 20 février pour la dernière fois.
On s'était "disputé" un mois plus tôt.
Et ce 20 février on s'était expliqué, arrangé, et tu m'as dit des choses qui m'ont fait tellement plaisir, c'était si bien cette époque.
Puis 12 jours plus tard est arrivé ce qui t'es arrivé.
Sans que je ne le sache.
Je ne l'ai su que 7 jours plus tard... une semaine sans toi sans le savoir !
Tout s'est effondré.
Depuis j'attend toujours que tu reviennes, que tu me dise "Ne t'inquiète pas Cindy, tout va bien, c'est fini tu as fait un cauchemard, rendors-toi maintenant!".
Mais deux ans d'attente c'est trop long.
Et je me dis qu'un cauchemard ne peut pas être aussi long.
Et je me rend compte jour après jour que ce n'est qu'une triste réalité et que je ne pourrais jamais rien changer.
Yannick, tant que je vivrais, tu vivras dans mon coeur et mes pensées.
Et un jour arrivera où on sera réuni pour l'éternité.
Je t'aime plus que tu ne le penses.
Cindy
Within temptation : Forgiven